Appel à la mobilisation contre le licenciement abusif d’un Kanak à RFO Nouvelle-Calédonie
22 000 kilomètres, 24 heures d’avion, 11 heures de décalage horaire… c’est ce que doit surmonter un Kanak pour venir apprendre son licenciement par la direction de RFO. Cette direction a un problème avec un jeune Kanak qui s’appelle Rock Haocas. Il faut dire que Rock cumule des qualités qui semblent n’être que des contrariétés pour le directeur de RFO, François Guilbeau: titulaire d’un DEA après 6 ans d’études supérieures, Rock est ingénieur en électronique (cadre informaticien et cadre supérieur technique à RFO Malakoff), il est actuellement le cadre le plus diplômé de l’encadrement technique et informatique de RFO Nouvelle-Calédonie. Membre de l’USTKE, il est observateur syndical USTKE/CSA* au CE de RFO Nouméa. Et en plus de tout ça, Rock est Kanak… De tous ces « critères », lequel dérange le plus la direction de RFO ? Va savoir… Ingénieur kanak et cadre syndicaliste, c’en est trop pour le directeur d’une télévision coloniale qui, par sa décision injuste et inacceptable de licencier Rock Haocas, remet le feu aux poudres d’une terre qui n’en finit pas de panser les plaies des « bienfaits de la colonisation ».
Le directeur général de RFO a une conception de la paix sociale toute personnelle. Non content de ne pas chercher à éviter les tensions, il souffle sur les braises, même froides.
La dernière de ses idées a été de proclamer le licenciement d’un cadre technique Kanak, pour des motifs qui n’en sont pas. Une altercation au cours d’une grève, à l’extérieur de l’entreprise, liée à une provocation des non grévistes sur un piquet de grève, après 6O jours de blocage de la station RFO Nouméa, pour cause de refus de négociation de la Direction, et voilà que le dernier Kanak rentré chez lui après des années d’études devient le bouc émissaire de toutes les tensions qui perdurent entre les communautés. Il est accusé de « violence physique » par le secrétaire du CE, qui obtient le soutien de ses « camarades » pour justifier de cette affirmation en justice et Rock Haocas est condamné par le tribunal de Nouméa sur les simples déclarations verbales de ses accusateurs. Il aura beau soutenir jusqu’au bout ne pas avoir frappé ce salarié, rien n’y fera.
Le directeur général décide alors de lui appliquer la double peine et de le licencier. Le verdict public est pourtant tombé un an après les faits et pendant toute l’année qui a suivi, Rock Haocas n’a jamais eu la moindre altercation avec personne, ce qui n’est pas le cas de son accusateur !
La station de radio et de télévision de RFO Nouvelle Calédonie se trouve ainsi placée, de nouveau, au bord de l’explosion sociale, par l’obstination de son Directeur général à raviver les cendres d’un conflit vieux d’un an.
En Nouvelle Calédonie, où ce directeur général a déjà laissé pourrir la grève pendant 104 jours, avant de se décider à négocier avec les Kanak en 2004, l’ambiance est au règlement de comptes permanent et c’est une fois de plus la minorité Kanak qui en fait les frais.
La Direction de RFO et le PDG du groupe France télévision son employeur, voudraient-ils aller contre le cours de l’Histoire, en rejetant de leur pays des salariés de RFO, chaque fois qu’ils y sont trop qualifiés par rapport à d’autres, tout en parlant « d’intégration » et « de respect des minorités » au sein du groupe ?
S’agirait-il d’une nouvelle politique mise en place par le PDG du groupe France Télévision ? Cette nouvelle direction de RFO envisagera-t-elle de briser la vie de ceux qui rentrent chez eux, chaque fois qu’ils seront désormais plus diplômés que ceux qui sont déjà installés ?
Si l’on devait virer tout ceux qui, à RFO Nouméa, on été pris dans des altercations pendant des mouvements de grève, depuis la création de RFO Nouvelle Calédonie, on se demande s’il resterait encore suffisamment de salariés dans la station pour assurer la réalisation d’un journal télévisé !
Face à cette injustice flagrante, l’USTKE appelle toutes les associations et tous les organismes qui luttent contre la discrimination dans ce pays, à la soutenir dans son combat pour la réintégration de ce Kanak, injustement licencié. Un préavis de grève est déposé en Kanaky…
En France, sur l’affaire du CPE, on entend parler maintenant dans les médias de l’éventualité d’une « grève interprofessionnelle ». La « grève générale » aurait-elle disparue du vocabulaire des journalistes transformés lâchement en haut-parleurs de la résignation ? L’USTKE, elle, ne changera pas sa rhétorique, et elle appelle à la solidarité tous ceux qui partagent ses valeurs de justice et de courage.
- USTKE : Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités
CSA : Confédération des Syndicats Autonomes
Contact : ustke@lagoon.nc
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