IAORANA OSCAR
Jeudi dernier, à Tubuaï, à l’issue de la conférence des archipels, Oscar Temaru, président de Polynésie française, a réaffirmé son souhait de voir le pays devenir indépendant. Il a expliqué qu’il fallait « faire un Etat fédéré des Australes pour que nous soyons enfin libres ».
« L’indépendance : où est le problème ?… Retenez bien ce que je vous dis. Le maintien du colonialisme est une entrave au développement économique social et culturel de notre pays. Cette résolution a été ratifiée par tous les pays de la planète, la France y compris… ».(1)
De Rapa à Rimatara, en passant par Raïvavae, Tubuaï et Rurutu, il soufflait ce jour là sur l’archipel des Australes, un alizé porteur de fierté et de lucidité.
Tubuaï (prononcer TOU-BOU-AÏE !) est à la même latitude que Nouméa, sur le Tropique du Capricorne. Elle se situe à 640 km au sud de Tahiti et compte 2000 habitants. C’est l’île où les mutinés de la Bounty ont tenté de s’installer avant de s’établir finalement à Pitcairn.
C’est l’île où les chants d’Angelo s’élevaient dans la douceur des crépuscules oranges et faisaient onduler nos corps jusqu’aux aurores vaporeuses. ''O oe te maramarama o teie ao, Mahana ia hiti mai, Afa’i mai to oe mau hihi, Turamarama te fenua nei''
C’est l’île où, du sommet du mont Taitaa, entre ciel intense et lagon indigo, le regard se perd au delà de l’océan immense dans l’horizon vertigineux, ce lointain qui scintille du souffle des baleines.
C’est l’île où vit Simon Viriamu… C’est cette île qu’a choisi Oscar Temaru pour donner une résonance à ses paroles qui valent au peuple Maohi le respect de tous les peuples colonisés du monde et de ceux qui les soutiennent.
Le Haut-Commissaire Anne Boquet a dit, en réaction à ces paroles pleines de bon sens et de courage, que « l’indépendance n’est pas à l’ordre du jour ». A l’image d’un gouvernement français obstinément sourd et méprisant à l’égard des gens, la représentante de l’Etat français à Tahiti ne semble pas avoir encore compris que ce n’est pas elle qui décide de cet ordre du jour. Ce n’est pourtant pas difficile à comprendre, non ?
Iaorana Oscar !
(1)source : tahitipresse.pf
Si vous désirez réagir au sujet de cet article