Lettre ouverte
Objet : Séance congrès du 09.10.07
A Monsieur le Président du Gouvernement de la Nouvelle Calédonie
Monsieur le Président,
Je vous adresse le présent courrier, que je fais parvenir aux médias, afin de vous interpeller sur ce que nous avons pu entendre lors de la séance du congrès en date du 09 octobre 2007. En effet au cour de cette séance, plusieurs élus se sentant certainement investit d’une mission divine à l’arrivée du Secrétaire d’Etat Monsieur ESTROSI, se sont laissé aller a fantasmer sur le conflit que nous menons actuellement à la cimenterie HOLCIM de Numbo. Vous auriez, vous-même, tenu un discours identique.
Sans demander à quiconque de votre sensibilité politique d’aimer ou non l’USTKE je pense cependant qu’en tant qu’élus politiques nous devriez tous faire preuve au minimum d’honnêteté intellectuelle, or le peu que j’ai pu entendre sur les ondes de RFO est proprement scandaleux et irresponsable. Demander à l’Etat de faire intervenir les forces de l’ordre est non seulement une erreur en ce qu’elles ne résoudront en rien le conflit mais dénote une propension que vous avez à utiliser l’Etat comme une junte militaire au service de quelques-uns en l’occurrence les plus nantis.
Je vous rappelle que nous avons depuis plus d’une semaine fait la proposition de libérer 150 tonnes de ciment dès le premier jour de cette proposition, sachant qu’elle aurait pu être reconduite au jour le jour compte tenu des négociations. HOLCIM a tout fait pour que cette ouverture ne puisse avoir lieu.
La société HOLCIM est en situation de monopole et bénéficie d’une protection de marché. Consciente qu’elle est le seul point d’entrée pour le ciment dans le pays, son représentant invoque jour après jour des arguments qui sont en réalités des positions de principes qui n’ont rien à voir avec la réalité des relations sociales telles qu’elles doivent être menées dans une entreprise. Ce comportement qu’HOLCIM a aujourd’hui vis-à-vis de l’USTKE est celui qu’elle a tout au long de l’année avec ses clients. En clair leur réponse est pour tout le monde la même « c’est à prendre ou à laisser, vous n’avez pas le choix ». Et bien nous , Monsieur le Président nous avons la prétention de leur dire que notre pays ne se développera plus dans le cadre de tels comportements.
L’USTKE est prête à un débat publique et si vous le souhaitez avec les élus en charge des institutions afin que vous preniez bien la mesure de ce qui fait que la vie des salariés du privé est chaque jour de plus en plus difficile.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération.
Pour le Bureau Confédéral
Le Président
Gérard JODAR
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