Communiqué de presse de l'Union syndicale Solidaires
Conflit en Nouvelle-Calédonie: Qui pèse le plus dans la balance de la justice???
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Conflit en Nouvelle-Calédonie: Qui pèse le plus dans la balance de la justice???
Ce vendredi 22 février à Paris, lors du banquet de la semaine anti-coloniale (deuxième édition, organisée et parrainée par des dizaines d'organisations françaises et internationales: www.anticolonial.net), le casque colonial d'or a été décerné à Christian Estrosi, secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer.
Vendredi 22 février, nos 14 camarades détenus arbitrairement au camp Est depuis plus d’un mois vont comparaître devant le tribunal de Nouméa.
La désinformation qui entoure le conflit CARSUD, le harcèlement de la police et du procureur, les procès d’intention et les amalgames dont l’USTKE fait l’objet, ne peuvent triompher de la vérité, de la justice et de la dignité de tout être humain.
Dans le cadre du préavis de grève générale déjà déposé,
Vendredi 22 février tous les militants de l’USTKE sont appelés à cesser le travail et à se rassembler devant le siège à la Vallée du Tir à 06H00 du matin.
C’est de là que partira une des mobilisations qui seront lancées pour exiger la libération de nos camarades.
Nous devons interpeller fortement l’Etat et tous ceux qui, sous des prétextes divers tentent, mais ce sera en vain, de déstabiliser l’USTKE et d’empêcher l’émergence du Parti Travailliste lors des prochaines élections municipales.
L’USTKE est la première organisation syndicale du pays, position confirmée officiellement ce mardi par la Direction du Travail.
L’USTKE, incontournable, est et restera une organisation proche des gens sur le terrain et au service des travailleurs. Nous serons toujours ouvert au dialogue mais jamais à la compromission.
La solidarité et notre capacité de mobilisation resteront notre seule vraie force.
Vendredi 22 février faisons tous ensemble cette démonstration de force.
Depuis le début du conflit CARSUD nous n’avions pas entendu le MEDEF. Voilà qui est fait. Dans une déclaration faite à la presse le 14 février, le président du syndicat patronal interpelle les autres chefs d’entreprise et leur demande de sanctionner les militants de l’USTKE qui suivent les mots d’ordre de grève générale. Faut-il leur rappeler que le 04 janvier 2008 nous avons déposé ce préavis pour dénoncer les atteintes portées au libre exercice du droit syndical. Cette dénonciation de portée générale concerne l’ensemble du pays, sans exclusion. Les événements de ces dernières semaines prouvent, si il le fallait encore, le bien fondé de cette grève générale. Depuis trois semaines nous avons fait en sorte de ne pas pénaliser les entreprises du secteur privé ou de la fonction publique car nous estimons que ce conflit, aujourd’hui totalement politique du fait de la Province Sud, ne concernait que l’USTKE et CARSUD du groupe Véolia.
Détermination et face à face avec les forces de l’ordre. La manifestation a mobilisé beaucoup de monde.
Hier 13 février 2008, l’USTKE et ses militants ont encore prouvé qu’ils étaient déterminés à refuser l’arbitraire et l’injustice. La mobilisation dans le cadre de la grève générale a été une réussite. L’Etat a pour sa part voulu encore faire sa démonstration de force en barrant les routes pour empêcher la marche de l’USTKE de se rendre devant les grilles du Haut Commissariat. D’ailleurs la quantité de forces de l’ordre déployée est en complète contradiction avec les commentaires d’une certaine partie de la presse qui n’a de cesse que de dire que l’USTKE ne mobilise plus ? Si l’USTKE ne représentait pas la plus grosse force du pays sur le terrain cela fait bien longtemps que plus personne ne parlerait de nous.
Avis à tous les internautes, c’est sur Dailymotion.com et sous le titre “L’Etat français attaque les libertés syndicales” ref: USTKE/video/7201412 que vous trouverez un extrait vidéo des brutalités policières lors du conflit Carsud.
http://www.dailymotion.com/video/x4acn8_letat-francais-attaque-les-libertes_news
Alors que le conflit vient de dépasser les 3 mois, les négociations sont toujours inexistantes. La police continue ses opérations de contrôle et d’intimidation. Les militants et responsables de l’USTKE voient leurs véhicules systématiquement fouillés plusieurs fois par jour. Heureusement que le ridicule ne tue pas car cela fait bien longtemps que le Procureur ne serait plus de ce monde.
L’Etat de droit a depuis longtemps cédé la place à une dictature politique. La police utilisée pour crédibiliser un discours politique, un Procureur qui, avec sa petite bande, prétend être la justice à lui tout seul, une désinformation dirigée par l’outil de propagande qu’est RRB et nous avons dans cette affaire tout ce que nous dénonçons depuis des années. Les atteintes au droit syndical, à la liberté d’expression, aux droits du peuple autochtone sont omniprésentes et, rares sont ceux qui osent le dénoncer publiquement.
A l'appel du Comité de vigilance « Solidarité Kanaky » nous nous sommes rassemblés ce matin aux abords du Ministère de l'Intérieur, à Paris, pour demander à être reçus par les responsables de ce ministère afin de les interpeller sur la gravité de la tension sociale à Nouméa et la répression injuste que subissent les adhérents de l'USTKE.
Des méthodes policières inacceptables !
Depuis deux semaines, la police sur instructions d’un Procureur de la République aux ordres de l’Etat, organise jour après jour une chasse à l’homme destinée à éliminer l’USTKE de la scène sociale et politique du pays.
Outre le fait que cette stratégie est vouée à l’échec, les moyens utilisés pour porter atteinte à la dignité des adhérents et de leurs familles relèvent beaucoup plus d’une dictature que d’une soit disant démocratie.