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jeudi 29 juin 2006

Les faucheurs volontaires condamnés

Imaginons la scène : devant sa glace, ce 27 juin au matin, avant d’en faire l’annonce publique, un juge prononce « Je condamne Jean-Emile Sanchez à deux mois de prison ferme pour avoir neutralisé une parcelle de maïs génétiquement modifié avec quarante-huit autres personnes jugées et quelques dizaines d’autres dont il n’a pas été tenu compte (1) ». Sans doute détourne-t-il le regard avant d’avoir prononcé la fin de la phrase.

Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, précisons que Jean-Emile Sanchez s’en voudrait de détourner le moindre centime d’euros qui ne lui appartiendrait pas, et s’il ne tient pas à cacher ses opinions, son caractère naturellement sympathique, le respect qu’il porte à chacun et sa générosité au gabarit du quintal de sa personne en font un homme et un responsable syndical estimé. Aux antipodes de la plupart des personnages croisant dans les coulisses du pouvoir.

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Musée du Quai Branly. Une lettre d'Aminata Traoré

"Nos oeuvres d'art ont droit de cité là où nous sommes, dans l'ensemble, interdits de séjour".

Aminata Traoré, Malienne, a été ministre de la Culture et du Tourisme de son pays. Auteur de plusieurs essais, dont "L'Etau. L'Afrique dans un monde sans frontières" (Actes Sud, 1999), "Le viol de l'imaginaire" (Fayard, 2002), et une "Lettre ouverte au Président des Français à propos de la côte d'Ivoire et de l'Afrique en général" (Fayard, 2005) dans laquelle elle décriptait la politique africaine de la France, ainsi que l'ordre cynique du monde dans lequel elle s'inscrit et auquel elle participe. Elle invitait surtout le président de la République française et tous ses homologues occidentaux à donner enfin les moyens à l'Afrique de vivre de ses propres richesses et de décider de ses propres orientations. Dans la continuité de son combat, que nous soutenons et partageons, Aminata Traoré réagit aujourd'hui à l'inauguration du musée du Quai Branly, à Paris.

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