Rouge & Vert : Tu es très impliqué dans le soutien aux militants de l’USTKE victimes de répressions policières et judiciaires en Nouvelle-Calédonie. Peux-tu revenir sur cette lutte ?

José Bové : Je parlerais plutôt de Kanaky que de Nouvelle-Calédonie, car c’est bien le cadre d’action de l’USTKE, le seul syndicat indépendantiste et aussi le premier syndicat en terme de représentativité, très loin devant les autres, avec une implantation très forte dans le public comme dans le privé. L’USTKE, à partir de sa réflexion syndicale, a décidé de favoriser l’émergence d’un nouveau parti politique, le Parti Travailliste (créé au mois de novembre dernier). Ces militants qui avaient soutenu notre campagne présidentielle*, se sont présentés aux législatives et aux municipales. Ils ont arraché des élus dans la totalité des communes et ils ont gagné une commune dans le Nord. Entre le syndicat, acteur social incontournable, et son parti, réellement indépendantiste, et qui bouscule les indépendantistes « institutionnels », l’USTKE devient vraiment le syndicat à abattre à la fois pour le MEDEF local et pour l’Etat français

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