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lundi 24 avril 2006

J'ai honte

Les actions menées par l'Etat français contre Rhéébùù Nùù sont indignes d'une République qui prétend avoir inscrit sur ses chapiteaux “liberté, égalité, fraternité”.

Il fraternise ici avec ce que la mondialisation produit de pire : des sociétés multinationales dont le seul principe actif est de se constituer du capital qu'elles revendent au plus offrant dans le plus parfait mépris des populations concernées.

J'ai honte de voir que mon pays se fait, dans sa politique internationale, le promoteur de la protection de l'environnement et des droits fondamentaux des peuples autochtones.

Il laisse faire ici, au nom d'une prétendue incompétence, ce qu'il y a de pire dans le domaine (Centrale à charbon, usine à ligne de traitement acide des minerais, destruction du patrimoine environnemental et culturel du Sud de la Nouvelle-Calédonie considéré pourtant comme un des haut lieu de l'endémisme planétaire) avec ces complices politiques locaux.

Je connais le Sénat coutumier, Rhéébù Nùû et le CAUGERN depuis leur fondation. En tant que représentants à divers titres et fonctions du Peuple Kanak, ils ont toujours recherché, en priorité, un dialogue constructif et jamais ils n'ont imaginé que la force brutale et organisée serait l'unique réponse à leurs souhaits qui ne sont ni excessifs, ni dommageables à l'ensemble des populations, bien au contraire.

Ce sont ces nouveaux conquistadors d'un autre âge, utilisant des moyens modernes et de l'argent facile, pour certains, qui viennent, en crevant cette terre, se comporter en sauvages. Ce sont eux qu'il faut mettre à la raison et les contraindre à respecter les femmes et les hommes de ce pays car dans quelques années ce ne seront pas seulement les populations du Sud qui seront concernées par cet immense gâchis mais nous tous et c'est maintenant qu'il faut le dire.

Didier Baron
Verts en Nouvelle-Calédonie
Gondwana, Corail Vivant
 
 

 

Références au droit international de l’ONU légitimant le combat du CAUGERN et du Comité Rheebu Nuu.

1-/ Charte de décolonisation de l’ONU. Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.

    Résolution 1514 (XV) du 14 décembre 1960 affirmant le droit à la libre détermination des peuples colonisés. Interprété comme un droit à l’indépendance, l’exercice de ce droit ne doit être soumis à aucune condition de délai, d’éventuelle impréparation économique ou de scission de territoire concerné (garantie face aux tentatives de partition du pays).
 

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Intervention de force sans fondement

Cette démonstration de force n’était pas justifiée, pour une sensibilisation et une distribution pacifique de tracts pendant la circulation.
Aucune entrave à la Route provinciale sud n’avait été programmée ni engagée, aucun feu n’avait été  allumé.

Il s’agit d’une intervention de force sans fondement juridique, pour s’emparer à l’intérieur de terre coutumière de soi disant terroristes ou rebelles qui ne font que défendre leur droit à l’environnement garanti par les Nations Unies aux peuples sous domination coloniale, cf résolution 55/146 du 8 décembre 2000 de l’assemblée générale de l’ONU.
Ces formes d’intervention musclée qu’on ne voyait plus depuis la signature des accords de Matignon en 1988, refont surface à Yaté, Saint Louis, Païta et La Conception soit l’ensemble des chefferies du Sud. Ceci dans le seul but de défendre les intérêts d’une multinationale INCO dont le principal objectif consiste à une re-colonisation de la Nouvelle Calédonie.


Comité des Jeunes de la Conception
Soutient aux actions fondées du GAUGERM

 
 

 

Communique du Comité des Jeunes de la Conception

En ce jour du 8ème anniversaire de la signature de l’Accord de Nouméa, ce vendredi 21 Avril 2006, à 4H45 du matin, les jeunes de la Conception ont fait l’objet d’une démonstration de force de la gendarmerie mobile sur les terres coutumières de la Tribu de la Conception.

Alors que des panneaux de sensibilisation à l’environnement étaient disposés le long des collecteurs de la Route Provinciale Sud, les jeunes de la Conception ont été chargés, immobilisés, et jetés à terre alors qu’aucun blocage de cette voie n’était effectué, ni programmé. Aucun feu n’était allumé et les personnes présentes n’étaient ni armées, ni menaçantes.

Près de cinquante mobiles sont intervenus pour contrer par la force, une sensibilisation pacifique initiée par des jeunes sensibilisés aux problèmes de protection de l’environnement.

Le pays berceau des Droits de l’Homme, ne respecte ces Droits que quand cela l’arrange.
Est –il devenue interdit par ce pays de tutelle de poser des pancartes sur nos terres sans être jeté à terre ? Après avoir expulsé nos populations de leurs terres ancestrales au 19éme siècle, l’Etat français a t-il décidé de priver les tribus proches de Nouméa de leurs droits d’expression ?
Cette liberté d’expression est-elle réservée qu’aux seules personnes vivant hors des terres coutumières ? N’avons nous plus le droit dans notre pays et sur nos terres, d’exposer de façon pacifique et saine nos opinions sans être mise à partie et mise à terre tel des criminels de guerre ?

Le Comité dénonce ces agissements de force démesurés et sans fondement, et appelle la jeunesse des tribus, aires et autorités coutumières à s’exprimer contre la détérioration de notre environnement ancestral.


Comite des Jeunes de la tribu de la Conception
Soutient aux actions fondés du CAUGERN