Table ronde Goro Nickel du 14 juin 2006
Il devient important de situer dans quel cadre politique et juridique au regard du droit international, le CAUGERN (Comité Rheebu Nuu, USTKE, Chefferies minières, et associations environnementales) conduit ses actions. Pour d’une part fixer les idées et répondre d’autre part au dénigrement systématique ainsi qu’aux critiques. Ceci tant de la part de certains responsables politiques qui n’hésitent pas à traiter les responsables du CAUGERN de manipulateurs et opportunistes,que de la part des médias ou de la justice qui considèrent nos militants comme des rebelles, terroristes ou délinquants.
La création du CAUGERN et du Comité Rheebu Nuu se situe dans le combat du peuple kanak pour sa dignité et son émancipation. Son action se porte sur la défense des intérêts des kanak du Sud et des chefferies minières. Bien que ne faisant pas partie officiellement du mouvement de libération du peuple Kanak, le FLNKS, le Comité Rheebu Nuu et le CAUGERN comme le CNDPA (conseil national des droit du peuple autochtone), oeuvrent dans le cadre des objectifs et de la stratégie fixés par la charte du FLNKS adoptée le 24 septembre 1984. Cette charte précise notamment que la stratégie vise à instaurer progressivement la légitimité kanak dans ce pays. Ces structures se reconnaissent comme forces vives composant le FLNKS au sens de la charte. Le combat du Comité et du CAUGERN s’inscrit ainsi dans le cadre juridique fixé par des textes de portée internationale traitant d’une part le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, d’autre part le droit autochtone.
Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
- La charte de l’ONU, résolution 1514 (XV) du 14 décembre 1960.
- La réinscription de la Nouvelle Calédonie sur la liste des territoires non autonomes, résolution 41/41 A du 2 décembre 1986 et pour corollaire la reconnaissance du FLNKS comme MLN (mouvement de libération nationale) du peuple kanak.
- L’usage de la force pour se libérer du joug colonial, résolution 2625 du 12 décembre 1970 qui stipule que : « l’usage de la force par un peuple pour se libérer du joug colonial est licite ».
- Le colonialisme considéré comme un crime, résolution 2621 (XXV) du 12 octobre 1970 qui déclare : « la persistance du colonialisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations représente un CRIME qui constitue une violation de la charte des nations unies, de la déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux et des principes du droit international ».
- La proclamation de la décennie 2001-2010 comme deuxième décennie internationale de l’élimination du colonialisme, résolution 55/146 du 8 décembre 2000 et le plan d’action annexé au rapport du secrétaire général daté du 13 décembre 1991 (A/46/634/Rev.1) réactualisé le 22 mars 2001 (rapport A/56/61).